Semaine de la Presse : rencontre avec des journalistes

Semaine de la Presse : Rencontre avec des journalistes

Par admin patruno, publié le lundi 14 mai 2018 17:54 - Mis à jour le mardi 28 mai 2019 17:02

Reporters solidaires au Lycée Carnot    

Article : Théo Gauffre, Didier Gallant, Patricia Patruno et Christine Cognat pour sa bienveillante relecture

Pour la seconde année consécutive, Christine Cognat et Francis Viailly, journalistes et membres fondateurs de l’association Reporters solidaires ont été invités par Mme Patruno et M. Gallant au Lycée Carnot. Ils sont venus présenter leur travail de formation et sensibiliser des élèves à la nécessité d’une presse de qualité et libre pour la survie et le bon fonctionnement de la démocratie.

Le lundi 6 mai 2019 a été l’occasion pour la classe de Terminale SVSI de découvrir le monde journalistique dans le cadre d’une rencontre-conférence avec l’association Reporters solidaires. En effet, dans le but d’initier les élèves au travail de journaliste (voire de provoquer des vocations), l’intervention a eu pour cadre le développement des activités de diffusion de l’information en Afrique de l’Ouest avec la participation active d’une jeune journaliste guinéenne de 25 ans, Aïssata Camara. Cette dernière a notamment tenu un discours sur l’envolée que connaît le journalisme en Guinée avec l’apparition des premiers médias non-détenus par l’Etat et qui peuvent jouir d’une forme d’indépendance malgré le risque inhérent à ce travail dans cette partie du monde où nombre de journalistes disparaissent ou meurent tous les ans. Forte d’une expérience de plusieurs années, elle a pu témoigner de l’importance d’une bonne formation à l’heure où l’information est de plus en plus polluée par les infox et où la presse est soumise dans de très nombreux pays à des pressions politiques ou financières (et souvent les deux).

Journaliste radio, Aïssata désirerait, après le master qu’elle suit à l’Université Lumière-Lyon 2 grâce à un financement Erasmus+, créer son propre média en ligne en Guinée afin faire venir les jeunes à l'info. Elle se dit optimiste sur l'avenir de la presse dans son pays.

Enfin, citons quelques réalisations de Reporters solidaires comme la création d’un master en journalisme à l’université de Bobo-Dioulasso, la possibilité d’effectuer des stages en France ou encore des ateliers comprenant la réalisation d’un média écrit et radio. Le Premier Festival international des radios d'Afrique francophone (février 2019) a été créé par un journaliste formé par Reporters solidaires...

Cette rencontre nous permet de nous rappeler que la liberté de la presse est encore loin d’être un droit universellement acquis dans le monde.

En Afrique, mais aussi en Europe, le journalisme reste une des professions parmi les plus menacées mais aussi les plus fragiles en raison de son rôle mais aussi des passions alimentées encore plus que par le passé par les réseaux dits sociaux et par le refus d’une information pondérée, fondée et pluraliste.

C’est pourtant une condition nécessaire et indispensable à la démocratie sur quelque continent que ce soit.

 

 

 

 

 

 

 

 

Rencontre avec des journalistes invités au Lycée par M. Gallant, professeur d'histoire-géographie et Mme Patruno, professeure-documentaliste

Le jeudi 26 avril 2018, une classe de Terminale S a reçu trois membres d'une association, Reporters solidaires. Parmi eux la présidente, Christine Cognat, le trésorier Francis Viailly (deux anciens journalistes) et Hamady Cherif Bah, un stagiaire guinéen. Cette organisation, composée d'éditorialistes français et africains engagés bénévolement, aide des journalistes en Afrique francophone  grâce à des formations renforçant la professionnalisation de journalistes déjà en activité. Depuis 2008,  plus de 400 journalistes africains ont été concernés par des formations de Reporters Solidaires (en atelier ou en immersion dans des rédactions).

9 Burkinabés, Guinéens ou Maliens ont pu suivre un cursus universitaire à l'Institut de la Communication (ICOM) de l'Université Lumière-Lyon2 et pourront ainsi donner des cours à  leurs jeunes confrères au sein du réseau Reporters solidaires (l'association a contribué également à la création d'un Institut des Médias à l'Université de Bobo-Dioulasso - Burkina en 2017).

A l'heure où les médias sont de moins en moins indépendants, où la liberté de la presse se fait rare, il est nécessaire de libérer l'information afin que le 4ème pouvoir puisse pleinement s'exprimer. En effet, comme a pu en témoigner Cherif, de nombreux Etats africains imposent des règles, pressions et contraintes à la presse... Dans le classement des pays concernant la liberté de la presse, la Guinée et le Mali, pays d'intervention de Reporters solidaires sont au fond du classement. Ainsi il apparaît nécessaire de donner un second souffle au journalisme dans ces pays où la liberté de la presse est sévèrement menacée : c'est la mission que s'est donnée l'organisation. Néanmoins il ne faut pas nous reposer sur nos lauriers en pensant que ce problème ne nous concerne pas. En effet, si les pays du Nord occupent les premières places, la France ou les Etats-Unis restent loin dans le classement, aux 33e et 45e places (le Burkina est à la 35e position !).

La presse, quand elle n'est pas corrompue est le meilleur moyen de propager des vérités pour l'intérêt général. A l'époque des "fake news" propagés, éparpillés en masse sur internet, sur les réseaux sociaux, la vérité se fait de plus en plus rare...

Les élèves ont  pu ainsi assister à une présentation et des témoignages vivants et intéressants. Une intervention les amenant à une véritable prise de conscience quant à la nécessité de libéraliser la presse, et ce, dans le monde entier.

Article de Martin Carteron

Photos : Reporters solidaires et Mme Patruno